📞09 77 21 69 18 📞09 77 21 69 18 Contact
+ 20 ANS D'EXPERTISE Vu dans Le Figaro BFM Business Le Point
image Renouvellement de bail LMNP en résidence gérée : le formalisme exact, les pièges du loyer et la stratégie de l'investisseur
Article 23 sept. 2026 Par l'équipe EHPAD Invest

Renouvellement de bail LMNP en résidence gérée : le formalisme exact, les pièges du loyer et la stratégie de l'investisseur

IA Article rédigé par une intelligence artificielle à partir de sources publiques, publié sous la responsabilité de l’équipe éditoriale d’EHPAD INVEST.

Le renouvellement du bail commercial est le moment le plus sensible de la vie d'un investissement LMNP en résidence gérée. C'est là que le gestionnaire peut proposer une baisse de loyer au renouvellement, là que l'investisseur perd ses droits faute d'avoir respecté une forme légale précise, et là que les règles de plafonnement — souvent mal comprises — jouent en faveur ou contre le bailleur. Cet article corrige des erreurs fréquemment répandues sur le sujet et pose le cadre exact, article de loi par article de loi.

1. Ce que le bail commercial garantit réellement au gestionnaire — et à vous

Le preneur à bail, c'est-à-dire le gestionnaire exploitant, est propriétaire d'un fonds de commerce et bénéficie de ce fait du droit au renouvellement de son bail. Cela signifie que vous, bailleur-investisseur, ne pouvez pas reprendre votre chambre ou votre studio à l'issue du bail comme s'il s'agissait d'un bien locatif ordinaire. Le propriétaire ne peut récupérer son bien à l'issue du bail qu'en payant une indemnité d'éviction. C'est le socle du statut des baux commerciaux, prévu au Livre I du Code de commerce.

L'arrivée de l'échéance d'un contrat de bail commercial ne met pas fin automatiquement au contrat. En vertu des dispositions de l'article L. 145-9 du Code de commerce, les baux ne cessent que par l'effet d'un congé donné six mois à l'avance ou d'une demande de renouvellement délivrée par le preneur. Autrement dit, si personne ne fait rien, le bail se prolonge tacitement — et cette tacite prolongation a des conséquences importantes sur le loyer, comme nous le verrons.

Concrètement, pour un investisseur détenant une chambre en EHPAD ou un studio en résidence seniors, ce droit au renouvellement du gestionnaire est une protection à double tranchant : il garantit la continuité des loyers tant que l'exploitant est solvable, mais il interdit toute reprise du bien sans frais significatifs. Comprendre ce mécanisme avant d'acheter est aussi important que de lire le taux de rendement affiché.

2. Le congé du bailleur : une erreur de forme et tout est nul

La loi Macron a supprimé la possibilité offerte aux parties de donner congé par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. C'est une source d'erreur majeure, y compris dans certains articles ou modèles disponibles en ligne. Le congé doit être donné par acte extrajudiciaire. Il doit, à peine de nullité, préciser les motifs pour lesquels il est donné et indiquer que le locataire qui entend soit contester le congé, soit demander le paiement d'une indemnité d'éviction, doit saisir le tribunal avant l'expiration d'un délai de deux ans.

La loi Macron est venue rétablir le formalisme antérieur à la loi Pinel en imposant au bailleur de délivrer congé par acte extrajudiciaire. Les parties ne peuvent déroger conventionnellement à ce formalisme en autorisant la délivrance du congé par lettre recommandée. Ce formalisme est exigé à peine de nullité. En pratique, si vous envoyez un simple courrier recommandé pour signifier un congé à votre gestionnaire, celui-ci est radicalement nul et ne produit aucun effet juridique. Si le congé est délivré par lettre recommandée avec accusé réception au locataire, il est irrégulier et ne met pas fin au bail. Cependant, le locataire peut renoncer à cette irrégularité et se prévaloir du congé.

La nuance est importante : seul le gestionnaire (le preneur) peut choisir de passer outre l'irrégularité. Vous, en tant que bailleur, n'avez aucune faculté de régularisation a posteriori. Tout congé que vous souhaitez donner — que ce soit pour refuser le renouvellement ou pour l'offrir avec un nouveau loyer — doit obligatoirement passer par un commissaire de justice (anciennement huissier). Prévoyez un délai d'environ 15 jours pour la rédaction et la signification de l'acte, et agissez au moins 6 mois avant l'échéance du bail.

3. La demande de renouvellement du gestionnaire : une règle différente et souvent confondue

Attention à ne pas confondre deux actes distincts : le congé (donné par l'une ou l'autre partie pour mettre fin au bail ou l'offrir en renouvellement) et la demande de renouvellement (initiée par le seul preneur, c'est-à-dire le gestionnaire). Ces deux actes n'obéissent pas aux mêmes règles de forme depuis la loi Macron.

Depuis la loi n°2015-990 du 6 août 2015, la demande de renouvellement peut être notifiée par acte extrajudiciaire mais également par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Depuis la loi Macron du 6 août 2015, cette demande peut être notifiée par acte extrajudiciaire (exploit de commissaire de justice) ou par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) en application de l'article L145-10 du Code de commerce. Le gestionnaire a donc le choix, contrairement à vous.

La demande est nulle si elle ne reproduit pas les termes imposés par l'article L145-10 du Code de commerce, quelle que soit la forme de l'envoi. En l'absence de congé émis par le bailleur, le locataire doit formuler sa demande de renouvellement soit dans les six mois précédant la fin du bail commercial, soit à n'importe quel moment pendant sa prolongation implicite. Les demandes soumises plus de six mois avant la fin du bail n'auront aucun effet. En tant qu'investisseur, recevoir cette demande de renouvellement de votre gestionnaire est une opportunité de renégocier. Si le bailleur ne répond pas dans les trois mois qui suivent la notification de la demande de renouvellement, il est légalement réputé avoir accepté le principe du renouvellement aux conditions du bail précédent. Le silence vaut acceptation : ne restez pas passif.

4. Le régime du loyer au renouvellement : la spécificité cruciale des locaux monovalents

C'est le point le plus mal compris par les investisseurs LMNP. Dans un bail commercial classique, le loyer au renouvellement est en principe plafonné à la variation d'un indice (ILC ou ILAT). Mais cette règle ne s'applique pas aux résidences gérées. Les locaux monovalents ne bénéficient pas de la réglementation sur le plafonnement des loyers des baux commerciaux, mais d'un régime autonome spécial de détermination du loyer fixé par l'article R.145-10 du Code de commerce.

La cour d'appel a considéré que les locaux d'une résidence-services ont une seule utilisation, « l'activité commerciale consistant en l'exploitation d'une résidence service », c'est-à-dire « la sous-location temporaire de logements meublés avec fourniture de services ». En ce sens, ils sont monovalents. Il s'en déduit que les locaux ont bien été construits et aménagés « en vue d'une seule utilisation » au sens de l'article R145-10 du Code de commerce. Les EHPAD, résidences seniors et résidences étudiantes entrent donc dans cette catégorie. En application de ces dispositions, le loyer du bail renouvelé doit être fixé à la valeur locative selon les usages observés dans la branche d'activité considérée.

Concrètement, cela signifie que lors du renouvellement, ni vous ni le gestionnaire ne pouvez simplement appliquer mécaniquement la variation d'indice. Le loyer se négocie à la valeur locative de marché pour ce type d'exploitation. Si le marché a évolué favorablement (taux d'occupation en hausse, valorisation de l'actif), vous avez des arguments pour maintenir ou augmenter le loyer. Si le gestionnaire argue d'une dégradation de la rentabilité d'exploitation, c'est lui qui doit en apporter la preuve. Les renouvellements et fixation des loyers du bail renouvelé font l'objet de négociations, avec un formalisme bien particulier, et qui faute d'accord se règlera devant le juge des loyers.

5. Le risque du déplafonnement par tacite prolongation : l'horloge tourne

La tacite prolongation — c'est-à-dire le fait que personne n'agisse à l'échéance du bail — peut jouer contre vous. Le locataire encourt le risque de voir son loyer déplafonné à l'expiration de la 12e année. Mais pour les locaux monovalents, la question du plafonnement ne se pose pas dans les mêmes termes puisque le loyer est déjà fixé à la valeur locative. Ce qui se joue, c'est surtout la durée de la relation contractuelle et la capacité de chaque partie à remettre en cause les conditions.

Le loyer sera automatiquement déplafonné à partir de la 13e année et le bailleur pourra faire fixer le loyer à la valeur locative. Le montant du loyer que le preneur aura alors à régler sera celui de la valeur réelle des locaux pris à bail au jour du renouvellement. Pour un investisseur dont le bail initial a été conclu à un loyer élevé (ce qui était fréquent lors des programmes des années 2000-2010), la prolongation tacite peut paradoxalement exposer le gestionnaire à une revalorisation significative à la valeur de marché — ou inversement à une baisse, si la résidence est en difficulté.

La règle pratique : ne laissez jamais votre bail se prolonger tacitement plus de deux ou trois ans sans formaliser la situation. Soit vous initiez une demande de renouvellement (via commissaire de justice si vous êtes bailleur), soit vous négociez un avenant. L'inaction prolongée fragilise votre position dans toute négociation ultérieure et complexifie la revente du lot.

6. Refus de renouvellement et indemnité d'éviction : ce que vous payeriez réellement

Si vous décidez de refuser le renouvellement du bail — pour revendre le bien libre, reprendre le lot, ou mettre fin à la relation avec un gestionnaire défaillant — vous devez payer une indemnité d'éviction. L'article L145-14 du Code de commerce prévoit que le propriétaire bailleur « doit payer au locataire évincé une indemnité dite d'éviction égale au préjudice causé par le défaut de renouvellement », laquelle comprend « la valeur marchande du fonds de commerce, déterminée suivant les usages de la profession, augmentée éventuellement des frais normaux de déménagement et de réinstallation ».

Le Code du commerce ne mentionne aucune méthode obligatoire pour déterminer la valeur d'un fonds de commerce. Les juges ont donc le libre choix d'utiliser celle qui leur convient. En matière de résidences de services gérées, des jurisprudences commencent à se faire jour. La méthode hôtelière n'étant pas retenue, les montants des indemnités d'éviction sont relativement faibles et conduisent les propriétaires dans les zones tendues à envisager un refus de renouvellement. Des indemnités de l'ordre de 12 000 à 15 000 euros par studio ont été observées en résidence étudiante. En EHPAD, les montants varient selon la capacité d'exploitation et les revenus du fonds — une chambre seule représente une fraction d'un fonds dont la valeur est appréciée globalement.

Lorsque le montant de l'indemnité est fixé par le juge, le bailleur peut exercer son droit de repentir sous 15 jours : le locataire bénéficie finalement du renouvellement du bail, et le bailleur ne verse aucune indemnité. Ce droit de repentir est un outil de négociation utile : vous pouvez initier la procédure pour évaluer judiciairement le montant réel de l'indemnité, puis décider si vous préférez finalement renouveler. Mais cette stratégie suppose de disposer de conseils juridiques solides et d'un budget procédural.

7. Votre stratégie concrète en trois scénarios

Scénario 1 — Votre bail arrive à échéance dans 12 mois et vous souhaitez le renouveler aux meilleures conditions. N'attendez pas. Mandatez un avocat spécialisé en baux commerciaux pour préparer dès maintenant une contre-proposition de loyer argumentée sur la valeur locative du marché. Si votre gestionnaire vous adresse une demande de renouvellement par LRAR, répondez dans les trois mois par acte de commissaire de justice, en proposant un loyer renouvelé. Votre silence vaut acceptation des conditions antérieures.

Scénario 2 — Votre gestionnaire vous propose une baisse de loyer au renouvellement. Dans un local monovalent, la valeur locative est le seul critère légal. Exigez la communication des comptes d'exploitation de la résidence pour les trois dernières années, les taux d'occupation, et les comparables de marché. Si la résidence est rentable, la baisse proposée n'est pas juridiquement fondée — elle est une tentative de renégociation commerciale, que vous pouvez refuser et contester devant le juge des loyers. Faites-vous représenter par un avocat et, si nécessaire, par un expert immobilier spécialisé pour produire une contre-expertise de valeur locative.

Scénario 3 — Vous souhaitez refuser le renouvellement pour revendre le bien libre. Calculez d'abord le coût probable de l'indemnité d'éviction (en mandatant un expert), comparez-le avec la plus-value attendue sur la vente du bien libre par rapport à la vente avec bail. Dans les zones à forte demande locative (grandes villes universitaires, agglomérations attractives pour les seniors), la valeur libérée peut justifier économiquement le refus. Dans d'autres zones, le différentiel est faible et le risque procédural significatif. La décision se prend avec les chiffres, pas avec les émotions.

8. Les mentions obligatoires à ne jamais omettre

Il est indispensable de reproduire le dernier alinéa de l'article L145-9 du Code de commerce, à peine de nullité : « Le congé doit être donné par acte extrajudiciaire. Il doit, à peine de nullité, préciser les motifs pour lesquels il est donné et indiquer que le locataire qui entend soit contester le congé, soit demander le paiement d'une indemnité d'éviction, doit saisir le tribunal avant l'expiration d'un délai de deux ans à compter de la date pour laquelle le congé a été donné. »

Du côté de la demande de renouvellement formulée par le gestionnaire, il est impératif d'inclure une citation de l'article L145-10, alinéa 4, du Code de commerce, qui stipule : « Le bailleur doit, dans les trois mois suivant la réception de la demande de renouvellement, informer le demandeur de son acceptation ou de son refus du renouvellement en mentionnant les raisons de ce refus. Si le bailleur ne communique pas sa décision dans ce délai, il est considéré comme ayant accepté de renouveler le bail dans les conditions précédentes. » Omettre de citer l'article L145-10 invalide la demande de renouvellement.

Ces exigences de forme ne sont pas des formalités bureaucratiques : elles conditionnent la validité juridique de l'ensemble de la procédure. Un acte nul repart de zéro — et pendant ce temps, le bail continue en tacite prolongation, avec toutes les conséquences décrites. En pratique, tout investisseur approchant de l'échéance de son bail a intérêt à consulter un avocat spécialisé six à douze mois à l'avance, et non dans la semaine qui précède.

Conclusion

Le renouvellement de bail LMNP en résidence gérée n'est pas une formalité automatique : c'est une procédure contentieuse en puissance, où chaque erreur de forme peut coûter des années de procédure et des dizaines de milliers d'euros. Retenez trois certitudes : le congé du bailleur passe obligatoirement par acte de commissaire de justice (jamais par LRAR) ; le loyer des locaux monovalents se fixe à la valeur locative de marché et non par simple indexation ; et votre silence à réception d'une demande de renouvellement vaut acceptation. L'investisseur qui anticipe ces règles dispose d'une position de force réelle face à tout gestionnaire cherchant à profiter d'un rapport de force asymétrique.

Sur ehpad-invest.fr, nous accompagnons les investisseurs qui souhaitent analyser leur situation contractuelle avant une échéance de bail.

Sources officielles

Les règles citées dans cet article renvoient aux textes et données de référence suivants : Article L.145-33 du Code de commerce (loyer et valeur locative), Article L.145-34 du Code de commerce (plafonnement du loyer renouvelé), INSEE — indice des loyers commerciaux (ILC). Le traitement applicable dépend toujours des clauses de votre bail et de la situation de la résidence.

Information générale, ne constitue pas un conseil en investissement. Chaque opération dépend du bail, de la résidence et du prix.

Publié sous la responsabilité de l’équipe éditoriale d’EHPAD INVEST

EHPAD INVEST est un cabinet indépendant spécialisé depuis 2003 dans l’achat et la revente de chambres d’EHPAD et de logements en résidence services seniors sous statut LMNP, sur le marché secondaire.

Une question sur votre situation ? Contactez-nous — ou estimez la rentabilité nette d’un bien avec notre simulateur LMNP.

Vous souhaitez obtenir de l'aide ou

des informations supplémentaires ?

Contactez nous Étude gratuite